Demander des quotas, des lois sur l’égalité salariale, ou,
pour reprendre l’expression de Laurence Parisot « que les mecs soient
moins misogynes et moins machos » c’est très bien. Mais pour parvenir à l’égalité
entre hommes et femmes, il faut revoir en profondeur les règles de notre
économie, c'est-à-dire penser un nouveau projet de société.
Si l’installation de nouveaux indicateurs de
richesse par l’INSEE, dans la foulée du rapport Stiglitz, est bien menée, elle peut conduire à ce progrès. Si elle
est torpillée…
Aujourd’hui, le Graal, c’est le Produit intérieur brut (PIB) . Or le PIB ne compte qu’une partie de l’activité humaine
autrefois dévolue entièrement aux hommes : la création de biens et
services marchands. L’activité humaine indispensable qui consiste à s’occuper
du bien-être des populations n’entre pas dans le calcul de la richesse :
nourrir, soigner, éduquer, préserver un environnement propre, organiser les
loisirs… Bref ce qu’on appelle le travail domestique et familial tombe dans les
oubliettes de l’économie. Or, aujourd’hui encore, les femmes en sont les dépositaires
et il a été calculé que ces activités représentent près de 50 % du PIB.
Si ce travail familial et domestique entrait dans
la mesure de la richesse au même titre
que les activités créatrices de PIB, nos sociétés trouveraient un nouvel
équilibre. Mais ce n’est pas simple à mettre en œuvre. Compter ces activités en
valeur monétaire pourrait conduire au
salaire maternel… Ce qui va à l’encontre de l’égalité entre hommes et femmes. Il faut s’appuyer sur des enquêtes
budget-temps, mais pas seulement. Bref c’est complexe mais pas impossible.
Pour
éviter que cette question ne soit torpillée, je vous invite à en débattre sur
le nouveau site d’information LESNOUVELLESnews.fr, ici ou ici . Isabelle Germain