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Péroraisons masculines au Sénat, miroir d’une certaine moitié de la société

« La Vème République au Parlement », c’est le titre d’un colloque indispensable qui se déroulera le 15 mai prochain au Sénat. De 9 h à 18 heures se succèderont à la tribune des hommes, des hommes, des hommes. Même pour la table ronde intitulée « le Parlement , miroir de la société française ? Même ! Le miroir est toujours aussi déformant. Pas une femme pour agrémenter le colloque à 14 heures, lorsque les colloqués s’abandonnent à une petite sieste discrète. Regardez bien sur ce lien, dites-moi si j'ai mal vu. Et merci au réseau "demain la parité" de nous alerter.

IG

L'Agefi, un journal pour mecs

Monsieur_nathalie Et que pour mecs, manifestement. Ca n'a pas l'air de les effleurer que certains de leurs abonnés puissent ne pas nécessairement aimer qu'on les appelle "Monsieur", comme en témoigne ce récent mailing adressé à "Monsieur Nathalie", pourtant cliente de longue date. Décidément, il y a des choses qui ne changeront jamais : dans la finance, il n'y a place que pour trois femmes et trois seulement, la veuve de Carpentras ici, the Tallahassee widow aux USA et, au Japon, Mrs Watanabe... NTC

Ces femmes du Nord entre le rose et le gris.

« En  Scandinavie, la parité n’est pas un combat féministe mais une question de démocratie. Les femmes sont légitimes en politique, à tous les niveaux. Il y a un consensus général sur l’égalité entre homme et femmes, le sexisme n’a de place ni dans les médias , ni dans le partis conservateurs. »  Kristel le Pollotec est allée voir de près la situation des femmes en Finlande , Norvège et Suède et  a rendu compte de son enquête au cours de 3  volets « Nordeuropa » les 22, 23 et 24 avril 22h 15 dans le cadre de l’émission « Surpris par la nuit» sur France Culture. Elle a  interviewé des femmes de toutes professions, évêque, ombusdman pour l’égalité, ministre, romancière, chercheuse, financière, CEO. Reste tout de même du gris dans tout ce rose puisque les écarts de salaires entre les hommes et les femmes sont de 20 %, que les femmes ont encore des difficultés à atteindre les postes de haut pouvoir et à partager les tâches domestiques à égalité avec les hommes.

Annie Batlle.

Messieurs, la barbe !

Elles ont choisi l’humour et pas la guerre. Les membres du groupe d’action féministe « La Barbe » créé en mars 2008 ont décidé,  garnies de barbes postiches, d’investir tous le hémicycles, toutes les antichambres, tous les lieux de pouvoir des hommes pour rendre « visibles et ridicules » les situations d’inégalité entre hommes et femmes. A leur actif notamment en quelques semaines : l’escalade de la statue de la République  pour affubler une des 3 femmes (liberté, Egalité , fraternité)  d’une belle barbe ; l’invasion des  Assemblées Générale de Carrefour (une seule femme au CA de 18 membres : Anne Claire Taittinger) et du CNCC (gérants de l’immobilier et de la distribution, 29 hommes pour une femme, Mireille Bracq) pour les féliciter et les encourager à continuer à respecter « l’ordre naturel ». En février elles s’étaient fait dédicacer par Eric Zemmour  « leur première victime expiatoire » son ouvrage «Le premier sexe »dont elles disent s’être inspirées.

Annie Batlle

La réussite des femmes célébrée par le Prix trajectoires HEC au féminin.

Le 13 mai Prochain, le Prix Trajectoires HEC au Féminin mettra en lumière des parcours exemplaires « reflet de valeurs d'audace, d'ouverture, de courage, de générosité " comme le souligne Mercedes Erra , Co-présidente du jury du Prix Trajectoires et Présidente Exécutive d'Euro RSCG Worldwide. Ces femmes qui réussissent dans la vie économique sont aujourd’hui absentes du paysage médiatique et ne peuvent donc pas jouer le rôle de « femmes modèles » indispensables aux ambitions des jeunes filles. Pourtant, dans « la vraie vie » il en existe beaucoup. Ce prix le prouve. Sa vocation est de les rendre visible. « La Commission HEC au Féminin souhaite faire tomber les préjugés et prouver que la mixité est un véritable facteur d’efficacité économique », explique Fabienne Schwalbe Présidente de la Commission HEC au Féminin. Encore faudra-t-il que les gazettes en parlent... Plus d’informations dans ce communiqué. IG

Comment le sexe du pouvoir reste mâle dans l'indifférence générale

A lire dans le monde daté du 30 avril, une interview de Réjane Sénac-Slawinski, politologue au CNRS. Elle tente d'expliquer les résultats navrants des élections municipales : plus de 90 % des maires sont des hommes, malgré la loi sur la parité. Cet article est publié dans le quotidien du soir trois semaines après que "l'Observatoire de la parité" a rendu public ces résultats... IG

Quand les hommes disent aux femmes ce qu'elles doivent penser.

Mercredi 16 avril, à l'occasion de "la semaine de la presse", une table ronde : "Quoi de neuf sur le marché de la presse féminine ?" Les dirigeants de la presse se pressent pour apporter leur science : cinq hommes et une femme. Et encore, il faut bien la connaître pour savoir que c'est une femme. Elle (il) s'appelle Dominique et est présenté(e)  comme "Directeur" du planning stratégique de TNS /Sofres.Rappelons qu'on féminise toujours ouvrière ou chômeuse. Mais dès qu'on monte trop haut , le féminin est banni. Alors quoi de neuf ? Rien, ce sont toujours les hommes qui disent aux femmes ce qu'elles doivent penser. IG

Berlusconi n'aime pas le rose

Berluscon(n)eries : c'est (re)parti !  Avant même d'avoir commencé à gouverner, ce grand ami des femmes a déjà frappé : lors d'une émission radiophonique, il a critiqué le nouveau gouvernement espagnol (9 femmes sur 17  ministres) comme "trop rose" et annoncé qu'il n'aurait que quatre femmes dans son gouvernement à lui.   

Après la tempête de protestations soulevée en Espagne par ces paroles, il a selon son habitude aggravé son cas en déclarant :
1 - que ses propos avaient été mal rapportés (c'était une émission radiophonique... no comment)
2 - qu'il allait "observer attentivement les nouvelles ministres espagnoles".

Nathalie Kosciusko-Morizet, le pouvoir, les femmes et l’opinion

« Sois belle et tais-toi » : ce message subliminal semble se glisser derrière la réaction des ténors de l’UMP à  l’écart de langage de Nathalie Kosciusko-Morizet. La secrétaire d’Etat à l’écologie, qui défendait l’idée saugrenue de tenir les engagements du Grenelle de l’environnement, a bafoué les règles élémentaires de génuflexion politicienne. Elle s’est permis de dénoncer le « concours de lâcheté » de deux grands responsables politiques. Scandale, excuses publiques, punition. Baissez les yeux Madame la Secrétaire d’Etat. La leçon vaut pour toutes les autres.

La mixité du pouvoir politique est décidément une affaire complexe. Pendant des années, les femmes auxquelles on accordait quelques strapontins dans les gouvernements s’appliquaient à se comporter comme des hommes. Tailleur gris, pas un mot plus haut que l’autre, unies comme un seul homme derrière le chef.  Elles étaient là, juste pour dire qu’il y avait des femmes au gouvernement. Pas pour apporter un nouveau souffle à la politique. Et elles étaient priées de libérer le terrain dès qu’un orage se profilait. On se souvient des « Jupettes ».  Puis est venue la loi sur la parité dont l’insuffisance est prouvée aujourd’hui avec le résultat des municipales : 91,5 % des mairies d’agglomérations de plus de 3500 habitants sont tenues par des hommes. Paradoxe, c’est au gouvernement qu’une presque parité est obtenue, par le fait du prince puisque les femmes de l’actuel gouvernement ont été désignées par le Président de la République et le Premier Ministre. Et elles se sont senties pousser des ailes. Les unes affichant leur féminité et leur passion pour la mode comme Rachida Dati. Les autres s’autorisant une liberté de parole mal venue en politique.

Faut-il, pour détenir le pouvoir, se plier aux règles de « l’éternel masculin » ? Occuper le terrain et l’espace vocal, élaborer des stratégies d’alliances, obéir au chef de bande, être agressif... Il semblerait que oui. C’est comme cela qu’on gagne une élection. Et c’est ainsi qu’on garde son poste de ministre. Traduire en acte les idées que l’on défend, affirmer ses convictions semblent être des défauts bien féminins. Inadaptées aux règles de la politique aujourd’hui. Les hommes qui ne se sont pas pliés à ces règles ont été écartés du pouvoir avant d’arriver au sommet

A priori, ces quelques leçons ne sont pas très encourageantes. Les femmes ont du mal à arriver au pouvoir par les voies électorales car elles n’ont pas les qualités masculines requises : disponibilité totale (il leur arrive de faire des enfants et de les élever) et testostérone agressive. Et quand elles arrivent au pouvoir par d’autres voies, elles doivent rentrer dans le rang : défendre le clan qui les a faites reines et non les convictions qui les ont poussées vers le pouvoir.

Seulement voilà, à l’ère du numérique et de la démocratie d’opinion, il semblerait que les choses ne fonctionnent plus tout à fait comme cela. La démocratie d’opinion, c’est la démocratie via les sondages et les débats sur la Toile, par opposition à la démocratie représentative que la plupart des intellectuels français regrettent. Certes, la démocratie d’opinion peut être dangereuse dès qu’un risque de manipulation se profile mais elle peut aussi donner quelques enseignements. Au lendemain de l’incident, un sondage montrait que plus des trois quarts des Français soutenaient Nathalie Kosciusko-Morizet.

Les femmes du gouvernement ouvrent une brèche féminine dans le pouvoir mâle, les Français semblent les encourager. Ça mérite peut-être réflexion. Et si, tout simplement, ils appréciaient que ces femmes changent les règles non écrites de la politique ? Ce sondage livre peut-être un autre message subliminal aux femmes ministres : ne vous taisez pas, la politique n’en sera que plus belle.

Isabelle Germain

RGPP : cherchez la femme!

La Revue Générale des Politiques Publiques que mène actuellement le gouvernement va conduire, entre autres, à la disparition d'une direction d'administration centrale sur deux. Plus généralement, cette entreprise sans égale jusqu'à présent de réforme l'Etat va conduire à renommer tous les directeurs d'administration centrale, les chefs de service et les sous-directeurs et, bien sûr, l'intégralité des chefs de services sur le terrain. Ce mouvement de nominations historique est une occasion sans précédent de féminiser l'encadrement supérieur et dirigeant de l'Etat. Le vivier existe, il suffit de consulter les statistiques fort bien faites de la Fonction Publique.

Or, au regard des premières nominations déjà prononcées, ce mouvement de "modernisation"  risque fortement de se traduire par une baisse du nombre des femmes occupant des emplois d'encadrement supérieur ou de direction. L'équation bien connue
                                                   moins de postes = moins de femmes
va-t-elle une nouvelle fois se vérifier ?

Bon, restons optimistes, nous vous ferons un bilan avant/après... NTC