En 2001, près d'un jeune sur cinq
occupait un emploi "déclassé", c'est-à-dire avec une rémunération inférieure
à celle qu'il pouvait espérer au regard de son diplôme, une situation
qui touche particulièrement les femmes, selon une étude (*) publiée vendredi 9 juin dans la revue Economie et Statistique de
l'Insee. Les auteurs ont étudié la situation d'un échantillon de plus de 50.000
jeunes en 2001, trois ans après la fin de leur formation initiale. En fonction
de la "durée de recherche d'emploi et du vécu plus ou moins difficile de
cette expérience, même courte", 18% de ces jeunes ont été amenés "à
abaisser leurs prétentions et à accepter des emplois faiblement qualifiés ou
faiblement rémunérés au regard de leur diplôme", note l'étude.
Le déclassement est nettement plus important chez les
jeunes femmes : 30% sont dans ce cas, contre 14% des hommes. Le taux de déclassement tend
par ailleurs à être plus faible pour les plus diplômés, bien que les bac+3 ou
+4 soient moins bien lotis que les bac+2. Toutefois, 14% des jeunes bacheliers et
diplômés du supérieur sont déclassés durablement, c'est-à-dire pendant au moins
deux ans et 7% débutent immédiatement par un emploi déclassé après la fin de
leurs études, avant d'accéder plus ou moins rapidement à un emploi non
déclassé.
Plus de six fois sur dix,
les jeunes sortent du déclassement (c'est-à-dire accèdent à un emploi dont la
rémunération correspond à leur diplôme) par le biais d'un changement
d'entreprise. Les autres bénéficient d'une promotion interne. L'environnement
familial constitue un "atout" pour accéder à un emploi non déclassé:
être un fils de cadre et avoir une mère qui travaille augmentent la probabilité
de sortir rapidement du déclassement, note l'étude.
A l'inverse, 5% des
bacheliers et des diplômés du supérieur - en particulier des femmes - sont
déclassés en 2001 bien qu'ayant débuté, trois années auparavant, par un emploi
non déclassé. A chaque changement de poste (fin d'un CDD, par exemple), la
personne doit en effet mener une
négociation salariale qui ne lui est pas toujours favorable. Les emplois
temporaires (CDD, intérim, contrat aidé...) conduisent plus fréquemment à ce
basculement que les CDI.
L'environnement
professionnel est aussi important: le non-déclassement est plus durable dans le
tertiaire et la construction que dans l'industrie et l'agriculture. Enfin, plus
la taille de l'entreprise est importante, plus l'emploi occupé par le salarié a
de chances de rester non déclassé.
(*)Télécharger le texte intégral de l'étude :
Download Parcours_des_jeunes_a_la_sortie_du_systeme_educatif_et_declassement_salarial.pdf