Ma Photo

« janvier 2008 | Accueil | mars 2008 »

L'Insee, elle sait

Les titres et intertitres de l'étude parité de l’Insee, parue récemment, résument de façon frappante la situation des femmes actives en France. A défaut de changer, la situation est maintenant bien documentée…

Moins de retard scolaire pour les filles : bon, jusqu'ici, tout va bien. Des choix de filières différenciées : ah, elles ne font pas nécessairement les choix les plus judicieux. Majoritaires dans les universités, les femmes restent minoritaires dans les écoles d’ingénieurs : cela se confirme ! Une activité des femmes qui se développe, contrairement aux hommes : ou des conséquences du développement du tertiaire. On ne va pas s'en plaindre, certes, mais... 30% des femmes salariées travaillent à temps partiel : mais seulement 6% des hommes. Flexibilité, quand tu ne dis pas ton nom…  Des secteurs d’emplois très sexués : une véritable ségrégation des femmes dans les emplois de services mal rémunérés. Dans la fonction publique, les femmes sont encore sous-représentées au niveau des postes d’encadrement : l’Etat n’est toujours pas en mesure de donner l’exemple et d'appliquer à lui-même ce qu’il prône pour les entreprises.  Dans l’entreprise également : peu de place aux postes d’encadrement et de direction : rien de nouveau sous le soleil. Moins d’un tiers des non-salariés sont des femmes : et en particulier parmi les créateurs d’entreprises. Les femmes sont plus touchées par le chômage que les hommes : oh, surprise ! Le revenu salarial moyen des femmes est inférieur de 26% à celui des hommes : sans commentaire. Dans le privé, comme dans le public, les salaires des hommes sont supérieurs à ceux des femmes : l’Etat n’est donc pas fichu de faire respecter les règles qu’il édicte, et même pas de les respecter lui-même.

Fort gentiment, l'Insee nous a gardé le meilleur pour la fin. Et après leur vie professionnelle, les femmes bénéficient plus longtemps de retraites plus faibles que les hommes : l'aboutissement logique d’un long parcours marqué par l’inégalité. NTC

Equilibre vie professionnelle vie familiale : les vocations masculines contrariées par l’entreprise.

A 30 ans et avec un seul enfant, ils aspirent à une égalité parfaite avec leur conjointe et rêvent d’équilibrer vie professionnelle et vie familiale. Vers quarante ans, lorsqu’ils ont plusieurs enfants, ils se rapprochent –malgré eux peut-être- du modèle du père pourvoyeur de revenus. L’étude "les pères managers en quête d'équilibre" réalisée par « Equlibres » dans le cadre du projet « qualitemps » a sondé 400 pères de familles âgés de 30 à 40 ans, cadres dans cinq grandes entreprises en France. Son premier mérite est de conjuguer « concilier vie familiale et vie professionnelle» au masculin. Le second est de libérer la parole des hommes. Seulement 15 % d’entre eux correspondent au modèle du « pourvoyeur de revenus », 52 % sont qualifiés d’ « équilibristes » et 33 % d’ « égalitaires ». Les premiers construisent leur identité d’homme à travers le travail et laissent les responsabilités familiales à leurs conjointes. Les seconds aspirent à une paternité épanouissante et attendent de l’entreprise une évolution. Les égalitaires, plus bravaches, osent des choix et des renoncements professionnels, souvent mal compris. Ces papas se sentent freinés dans leur élan par trois  phénomènes : les préjugés liés au genre persistent, la culture de l’implication totale au travail domine et les temps partiels, congés parentaux et autres respirations professionnelles sont considérés comme tabous. Ce sont les règles non écrites de l’entreprise qui faut remettre en question… Et vite. Parce que les bataillons d’ « égalitaires » devraient grossir dans les années qui viennent.. Entre les femmes qui ne veulent pas tout sacrifier à leur carrière et ces jeunes hommes qui les rejoignent, les entreprises risquent bientôt de ne plus trouver de cadres talentueux pour manager. Il faut inventer de nouveaux modèles et de nouvelles règles de fonctionnement. IG

Entreprise, pensée … noms masculins

« Repenser l’entreprise » éditions du Cherche Midi. Sous-titre : « Saisir ce qui commence, vingt regards sur une idée neuve ». Voici qui donne envie de lire ! Qui en sont les auteurs ? Eric, Christian, Anis, Maximilien, André… Pas une femme. Plus envie d’ouvrir le livre conçu par l’APM, Association progrès du management. Progrès. Quel progrès ?

Les lettres pour les filles, les sciences pour les garçons.

Entreprise privée de soutien scolaire, Acadomia se soucie comme d’une guigne d’accompagner l’évolution des mentalités. Sur ses récentes affiches publicitaires, on apprend d’une jeune fille en minijupe brandissant un drapeau tricolore qu’ "Elle a pris le pouvoir sur le français". Tandis que sur une autre affiche, un garçon, lui, « n’a plus peur de la biologie. » La pub cible les angoisses parentales en réactivant un fond de sexisme. Si vous venez chez nous, non seulement vos enfants réussiront mieux, mais, en plus, ils seront dans la norme, suggère-t-elle. Toutes les études montrent que le principal frein à l’orientation des filles vers les carrières scientifiques est de l’ordre de l’imaginaire : j’imagine que je ne suis pas une vraie fille si j’embrasse une carrière d’homme. Ces publicités activent cette peur inhibante.

Légion d’honneur paritaire

Enfin ! La promotion de début d'année de la Légion d'honneur, annoncée jeudi au Journal Officiel, respecte la parité homme-femme, tout comme celle de l'ordre du Mérite, publiée le même jour. La parité est donc possible finalement, il suffit de la demander. Ou plus exactement, il suffit que le président de la République, en personne, l’exige en refusant que la liste soit publiée si elle ne contient pas autant de femmes que d’hommes. La persévérance d’associations de femmes comme « demain la parité » a fini par payer.