Peu visibles, sous-représentées, stéréotypées. Ainsi apparaissent les femmes dans les médias. Les enquêtes se suivent et se ressemblent. Hier, Valérie Létard, secrétaire d'Etat à la Solidarité présentait un nouveau rapport sur l’image des femmes dans les médias réalisés par une commission présidée par Michèle Reiser réalisatrice, membre du CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel), et dont la rapporteure était Brigitte Gresy. Directeurs de journaux, de chaînes de télévision et autres professionnels des médias avaient été audités. Et, la plupart d’entre eux ne voyaient pas où était le problème. "Les femmes sont partout, comment voulez-vous qu'il y ait un problème avec l'image des femmes?", auraient-ils dit en substance. Effet de halo ? Sans doute. Car lorsqu’on regarde les médias avec les lunettes de l’enquête Médiawatch, des problèmes il y en a. Et beaucoup. Cette enquête réalisée dans 76 pays avec une méhodologie très rigoureuse montre que les médias renvoient des femmes une image fausse et peu glorieuse. Depuis plus de 15 ans, l’Association des femmes journalistes réalise tous les cinq ans cette enquête et montre que la situation stagne. Les femmes représentaient 17 % des personnes citées dans le contenu de des journaux d’information générale en 1995, 18 % en 2000 et 17 % en 2006. Et, lorsqu’elles sont citées, c’est le plus souvent de manière anonyme (alors que les hommes sont cités avec leur nom et leur fonction), en qualité de mère ou d’épouse ou bien en tant que victime. Elles sont beaucoup moins sollicitées que les hommes pour s’exprimer en tant qu’expert… La nouvelle enquête qui a également utilisé la méthode Mediawatch et élargi l’étude à la radio et la télévision arrive à la même conclusion : 18 % seulement des personnes citées sont des femmes. Ce n’est pas anodin. Chacun, chacune d’entre nous se conforme à ce qu’il voit dans les médias et, comme disent les sociologues, en s’y conformant le confirme. La légitimité des femmes dans les lieux de pouvoir ne sera pas acquise tant que les médias leur accorderont une si piteuse place. Alors que faire ? Pas question de légiférer ou de réglementer, avait prévenu la ministre dès le lancement de cette commission. Une instance de suivi devrait être créée mais à ce jour, on ne sait pas qui y participera, quelle sera sa vocation, comment elle fonctionnera.