Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus, elles sont moins douées pour lire les cartes routières ou pour les mathématiques… Tout cela vous agace ? Vous n’aimez pas ces affirmations définitives qui coupent les ailes des femmes mais vous manquez d’argument pour y répondre ? Lors du dernier déjeuner du club HRM Women, le 27 avril, une intervenante de choc a fait la démonstration implacable de l’inanité de ces affirmations. Dorothée Benoit-Browaeys, journaliste scientifique.et présidente de l'association Vivagora, est co-auteure avec Catherine Vidal, neurobiologiste, du livre « Cerveau, Sexe et Pouvoir » (Belin). Elles s’insurgent contre les approximations scientifiques qui concluent à la supériorité du cerveau masculin. L’histoire de la science fourmille de ces enquêtes. Les analyses démontrant que les femmes sont moins intelligentes que les hommes, parce que leur cerveau est plus petit, sont stupides. D’abord, rien ne permet d’affirmer qu’elles sont moins intelligentes. Et leur cerveau est plus petit parce que les femmes en général sont plus petites que les hommes. Si les uns et les autres ont des aptitudes différentes, c’est parce qu’ils ont eu des expériences différentes. Le cerveau se modèle en fonction des activités que l’on pratique et il y a plus de différence entre le cerveau d’un rugbyman et celui d’un violoniste qu’entre les cerveaux d’un homme et d’une femme informaticiens. « Mais les présupposés idéologiques rendent parfois les scientifiques aveugles » affirme la journaliste. Pourtant, de nombreuses études alimentent l’idée d’égalité des cerveaux. Tout récemment, une enquête a montré que les performances des filles en mathématique augmentaient avec leur émancipation.

