Les médias s’embrasent : a-t-elle eu raison ? va-t-elle inciter les emloyeurs à exiger de leurs salariées un retour aussi prompt ? sa fille sera-t-elle acculée à des séances de divan chez un psy pour avoir été privée de sa mère dans les premiers jours de sa vie ? Est-elle un symbole ? dessert-elle la cause des femmes ? Et puis un esprit éclairé rappelle que ça la regarde, c’est sa vie privée, c’est son choix. Oui, chacun d’entre nous doit respecter ce choix et les critiques qui lui son adressées sur l’air de « hou la mauvaise mère» sont iniques.
Et si nous profitions de cette affaire pour entrer dans un vrai débat de société sur la conciliation travail famille ? Aujourd’hui ce n’est pas une question politique. La conciliation, c’est l’affaire des femmes, le système D. Tant qu’elles acceptent de faire des sacrifices professionnels pour élever des enfants, il n’y a pas de débat. Or s’il est une question qui devrait être hautement politique, au sens le plus noble du terme, c’est bien celle-ci. Notre société tient la parentalité à l’écart de la vie professionnelle et politique. Les règles du jeu pour faire carrière en politique ou en économie défavorisent les femmes. Ces règles faites par des hommes, pour des hommes qui -par conséquent- n’enfantent pas, reposent beaucoup sur la présence. Les étapes décisives des carrières ont lieu entre 30 et 40 ans, au moment où l’on devient parent. Avec la meilleure volonté du monde, les femmes ne peuvent pas être gagnantes dans ce jeu biaisé. Le problème se pose aussi pour les hommes qui veulent s’occuper de leurs enfants. Comment changer les règles du jeu pour permettre à chacun et à chacune de concilier ? IG
PS : Comme je sors un livre sur un thème proche, je suis invitée, - hier sur Europe 1, aujourd'hui sur LCI- à débattre sur cette question. C'est très délicat. Mon premier principe est de respecter son choix. Mais après, la question soulevée concerne toutes les femmes et la société tout entière. Si on critique l'option qu'elle a prise, on conforte l'idée selon laquelle la mère seule est indispensable auprès du bébé et donc que sa vie professionnelle doit passer au second plan. Si on l'approuve on prend le risque de faire passer un message subliminal sur l'inutilité du congé maternité. J'essaie d'expliquer qu'il faut changer les règles du jeu et créer de véritables politiques de conciliation, pas facile... (livre : "Si elles avaient le pouvoir..." Isabelle Germain, Larousse. En librairie le 14 janvier)
Re-PS : le débat est largement entamé chez Olympe.