Il s’est passé beaucoup de choses autour du huit mars. Toutes les femmes engagées qui lisent ce blog sont allées s’exprimer dans des colloques, conférences, médias pour dire combien est encore longue et ardue la route qui mène à l’égalité entre hommes et femmes. Que restera-t-il de tout cela ? Je vous invite à dire ci-dessous dans vos commentaires ce que chacune peut faire pour que le huit mars dure toute l’année et pour que nous passions des incantations aux actes.
Personnellement, je suis très fière de ce petit ouvrage « 18
ans, Respect les filles ! » édité à la demande de Valérie Létard,
secrétaire d’Etat à la solidarité. C’est un passeport que la ministre va offrir
aux filles dès leur passage à l’âge adulte. « Ne laissez pas les autres
décider à votre place », « sachez dire oui, sachez dire non »… C’est ce que nous conseillons aux filles sur
des questions d’avenir professionnel, de sexualité, de citoyenneté ou de vie privée. Nous avons écrit ce petit
livre avec Isabelle Fougère co-présidente l’Association des femmes journalistes
et Natacha Henry, auteure notamment de « les mecs lourds ou le
paternalisme lubrique » (Robert Laffon) et « les filles facile n’existent
pas » (Michalon) avec le soutien du cabinet de la ministre qui nous a
laissé toute liberté dans la rédaction. Alors 18, 20, 50, 70 ans ? Respect
les filles. Isabelle Germain.
" 18 ans, Respect les filles", Isabelle Fougère,
Isabelle Germain, Natacha Henry, © La
documentation Française - Paris, 2009
Cela fait un peu penser au Guide du respect de Ni Putes Ni Soumises ... Car il est bien certain que c'est essentiellement par les jeunes que les idées se diffusent dans l'ensemble de la société.
Rédigé par: F.Quaire | 12 mars 2009 à 12:56
Bravo.
Un droit qu'il est indispensable de rappeler.
Rédigé par: Marie-Hélène | 12 mars 2009 à 19:41
Bonjour,
n'aurait-ce pas été excellement non sexiste
1) de le proposer aux machos également et pour commencer
2) d'en faire un pour EUX précisément
Les filles savent très vite et bien ; les mecs par contre....
Rédigé par: Anne | 13 mars 2009 à 14:53
En effet, il faudra faire un guide du respect des filles et des femmes pour les garçons. Je vais le suggérer au cabinet de la ministre (vous pouvez aussi lui écrire...). Mais il n'est pas inutile de rappeler leurs droits aux filles, certaines sont tellement conditionnées pour se taire....
Rédigé par: isabelle Germain | 13 mars 2009 à 15:15
Chaque année, je mets un point d'honneur à souhaiter une "bonne journée de
la femme". Mais cette année, sans déroger à la
tradition et donc en vous souhaitant une belle journée du 8 mars pleine de
fierté, je me permets d'exprimer mon ras-le-bol.
C'est sûr, il y a plus grave en ce moment que le % de femmes dans les postes
à responsabilité, le plafond de verre etc. Il y a par exemple la probable
explosion du chômage (surtout féminin à n'en pas douter) dans les prochains
mois. Mais tout de même, regardons nos nombrils de femmes cadres supérieurs un peu...
L'hypocrisie des publications atteint un niveau rarement égalé cette année. Le 8 mars, la parité est devenue le marronnier idéal.
Un édito du "grand quotidien du soir" sur la parité, robinet d'eau tiède au possible. Un journal "proche de la majorité",
qui constate avec affliction que les femmes votent
maintenant comme les hommes. Des jérémiades des journaux économiques sur les inégalités
persistantes dans le monde du travail, la baisse de la part de femmes à
responsabilité dans le CAC40 et le report possible des sanctions prévues
pour 2010 contre les entreprises pratiquant des inégalités de salaire.
Maintenant, on ne se contente pas de dire que les femmes sont peu nombreuses
dans la vie politique / dans les conseils d'administration / dans les
comités exécutifs etc, mais d'ajouter qu'on n'en serait pas là si on y avait
pensé avant ! Ce genre d'argument totalement invérifiable porté sur la place
publique le jour de circonstance peut-il avoir une quelconque portée ?
Chacun d'y aller de son témoignage, de son analyse hormonale de la crise
(article des Echos :
) et de son vibrant plaidoyer "pro feminis" (?), le temps de ces
24 heures bien entendu, en oubliant ensuite le sujet jusqu'à l'année
suivante.
Quelle est la proportion de femmes
dans l'organigramme de l'INSEE qui a sorti une "remarquable" étude
ce vendredi ? On y
apprend, ô surprise, que les femmes vivent plus longtemps que les
hommes (et les veuves plus longtemps que leurs maris, comme est assumé l'avoir dit un ancien Premier ministre), qu'elles sont plus diplômées mais plus souvent au chômage
(cherchez l'erreur), qu'elles cherchent moins souvent du travail mais c'est
normal vu qu'elles s'occupent de leurs mouflets etc. On peut parler de service
minimum sur le sujet de la place des femmes dans l'économie et la société !
A côté de cela, on me cite, comme personnalité particulièrement intéressante à rencontrer dans le cadre de mes fonctions, une personne prénommée Nathalie en commentant d'un "c'est une femme, d'ailleurs" (sans blague ? quel est l'intérêt de
la remarque, ça vous étonne qu'une tant que ça femme ait quelque chose d'intéressant à dire ?).
A côté de cela, mes amies qui retournent au travail après un congé
maternité ont le sentiment très net (quand il n'est pas corroboré par des
propos ou des actes sans équivoque !) d'être considérées comme de grosses
vaches lobotomisées. Et les pères s'enfuient ventre à terre au boulot dès la
fin du congé paternité (pris pour les 6 mois du petit, on ne va pas se
presser tout de même), tout heureux de retrouver leurs bases
professionnelles viriles.
A côté de cela, sans doute mue par une paranoïa post-partum, j'ai cru
percevoir une lueur de stupéfaction dans les yeux d'un hiérarque distingué avec qui
j'ai travaillé avant et après le péché d'enfantement, quand il s'est aperçu
que "et pourtant elle continue de tourner" (je parle là de ma capacité de
travail voire, osons le dire, de raisonnement).
A côté de cela, les collègues mâles demandent poliment des détails sur
l'organisation de la garde de mes enfants non sans conclure : "ah c'est
compliqué (NB : pas tant que ça pour un cerveau féminin !) c'est pour ça
que ma femme a arrêté de travailler / est prof à temps partiel (au choix)"
(entendu trois fois cette semaine, et je parle de "jeunes" gens nés dans les
années 1970 et qui ont épousé des femmes souvent TRES diplômées !)
A côté de cela, celles qui ont le toupet d'adopter et d'élever des
enfants seules tout en travaillant, donc, ont un mal monstre à faire valoir
quelques droits sociaux quand elles ne reçoivent pas dès potron-minet la
visite d'inspecteurs des CAF venus vérifier que nul mâle ne rôde dans les
parages, fouille des placards et interview des voisins compris ! Eh oui, la
lutte contre la fraude aux allocs des mères (et des rares pères) solos est une priorité de l'action publique, et certaines "catégories d'allocataires" sont plus faciles à appréhender que d'autres.
A côté de cela, vous en connaissez beaucoup des filles qui grenouillent pour
obtenir le poste d'après au lieu de faire consciencieusement leur boulot
actuel et éventuellement celui de leurs subordonnés masculins et néanmoins
défaillants ?
Mesdames, et si on se lançait un défi : grenouiller à notre tour sans vergogne entre le 9 mars 2009 et le 8 mars 2010 ? Celle qui décroche la plus grosse grenouille paie un pot aux autres.
Rédigé par: Marina | 16 mars 2009 à 17:33
La course aux grenouilles est ouverte ! Merci Marina
Rédigé par: isabelle Germain | 19 mars 2009 à 08:51
Je tenais tout d’abord à vous féliciter pour votre guide que j’ai parcouru sur Internet et que je trouve remarquable.
Je souhaitais vous faire une suggestion : ce guide que j’estime fondamental pour l’information des jeunes femmes, ne devrait-il pas à l’avenir être également transmis aux jeunes hommes, en l’adaptant bien sûr pour s’adresser à eux, afin de les sensibiliser à toutes ces questions autour du sexisme dans la société, des violences faites aux femmes, etc… Ceci pourrait contribuer à leur faire prendre conscience de ces phénomènes, ainsi que de leur responsabilité en tant qu’homme, sachant que les principaux auteurs de toutes ces violences symboliques ou concrètes sont justement des hommes, et pourrait ainsi les aider à résister aux messages et modèles qu’on leur propose.
Qu'en pensez-vous ?
L’éducation des garçons et des hommes me semble fondamentale dans la lutte pour le respect des femmes, dans tous les domaines de la vie.
Rédigé par: Lebouc | 30 mars 2009 à 10:58
Je n'ai pas aimé certains passages du guide (de mémoire) notamment celui mettant l'injonction sur les filles à exiger le respect des garçons. Certes mais ce n'est pas forcément facile, une fois insultée, de demander le respect. Je n'ai pas du tout aimé le ton et la manière dont est amenée l'info sur l'avortement. Signalé d'ailleurs au MFPF (sans réponse, à ce jour, j'imagine qu'elles sont débordées) ... Ce sont les garçons qu'il faudrait impérativement convoquer pour cette question du respect !!!
Rédigé par: emelire | 20 mai 2009 à 21:28