


Décidément,
les médias sont incorrigibles ! La semaine dernière, la couverture de l’express
affichait le visage d’une des plus importantes ministres de notre gouvernement,
Christine Lagarde, Ministre des finances, avec ce titre « Potiche ou
fortiche ? » Et voilà que le Monde d’aujourd’hui offre à ses lecteurs un titre qui devait
être écrit avant le départ de son envoyé spécial : « Comment Ségolène
Royal ensorcelle ses alliés en ses terres de Poitou-Charentes ». Une
potiche, une sorcière… Voilà comment les médias remettent les femmes à « leur »
place, lorsqu’elles ont le culot de vouloir s’installer au sommet du mâle pouvoir.
De quoi couper court aux vocations paritaires ! Y a-t-il un équivalent
masculin à potiche ou ensorceleuse ?
Ce qu'a écrit Marie-Joseph Bertini, dans « Femmes, le pouvoir impossible » (ed Pauvert) est toujours vrai. Les médias sont « prescripteurs de mythes » explique-t-elle. Elle
dénonce le véritable « apartheid linguistique » qui entrave le
« processus d'émancipation » des femmes. Et démontre que les mythes
assurent « l’incapacité
fondatrice » des femmes. Dès qu’une femme s’engage, défend des idées avec force et un certain
talent, les médias la qualifient immédiatement de passionaria. La passionaria
agirait par passion et non pas par raison. Elle serait forcément sous influence
et dénuée de rationalité. Quel est le
masculin de passionaria ? Ça n’existe pas. Et pour cause. Ceux qui ont
écrit l’histoire nous ont appris à penser que l’homme agit avec raison. Ils
n’ont pas prévu de mot pour masculiniser passionaria. Avec un mot, un seul, Passionaria, des valeurs
morales honorables d’engagement et de respect de la parole donnée se
transforment en défauts rédhibitoires. Et l'association femme et pouvoir reste incongrue.
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