Alors que la campagne « Grand emprunt » affiche
une image réductrice : mère patrie nourrit ses petits industriels, nous
sortons le 25 février prochain, un ouvrage illustré lui aussi par… Une femme
enceinte. « Le dictionnaire iconoclaste du féminin » a l’ambition de titiller
les icônes comme celle que le gouvernement vient de nous renvoyer en pleine
face.
Hasard : l’illustration choisie par notre éditeur pour la
couverture du livre concerne le premier mot du dico « admirable ».
Nous expliquons que l’objet de l’admiration varie selon le sexe de l’admiré. Historiquement,
les hommes ont été décorés pour leurs hauts faits de guerre, leur réussite
économique ou politique. Les femmes elles ont été considérées comme méritantes
lorsqu’elles enfantaient à tire-larigot. Et aujourd’hui ?...
"Le
dictionnaire iconoclaste du féminin", Annie Batlle, Isabelle Germain,
Jeanne Tardieu. Bourin Editeur, 230 pages, 19 euros. En librairie le 25
février.
Et même plus... Huit femmes six hommes sur la liste des 14 eurodéputés d’Europe Écologie élus le 7 juin 2009. Cette galerie de portrait apparaît lorsqu'on cherche par exemple des informations sur l'excellent colloque qui s'est tenu samedi 13 février:
Crise : comment éviter la rechute ? Comment faire naître une nouvelle société ?
C'est même la journée DES droits DES femmes. LA femme est une abstraction, un mythe, une icône, un fantasme sorti tout droit de la tête des hommes. LES femmes c'est nous, diverses, réelles. S'il est un jour où l'on doit parler DES femmes c'est bien celui-ci. Malgré une tendance à la "fêtedesmérisation" du huit mars, cette journée sert à mesurer le chemin qu'il reste à parcourir pour parvenir à l'égalité femmes/hommes dans les faits et à prendre des résolutions pour accélérer la cadence. Et la route est encore longue vers la démocratie réelle.
Toujours prêtes à dénoncer les cercles de pouvoir dans lesquels le poil au menton vaut compétence, les Barbues ont investi un colloque de l'hebdomadaire de gôôche où débattaient 49 hommes et sept femmes. Ici, la brève dépêche de l'AFP reprise par la Direction générale des médias. Dans
les deux salles la porte-parole du groupe, chaudement applaudi par le public,
s’est émue de la présence de quelques rares « femmes savantes » dans
les salons du Nouvel Observateur. « Inviter sept femmes à
débattre aux côtés de quarante neuf hommes, n’est-ce pas pousser un peu loin la
galanterie dans les affaires sérieuses ?"