Les hommes
disent toujours aux femmes ce qu’elles doivent penser. Sur la couverture
du Nouvel Observateur
consacrée au pouvoir intellectuel : deux femmes en photo et 10 hommes.
Un progrès par rapport à d’autres couvertures du même hebdo sur le même
sujet.
Mais dans le traitement du dossier, ça se gâte. Jacques Julliard
fait un sujet
général, brillant comme a son habitude mais… mono-sexe. Et puis à
la fin : ho la boulette, on avait oublié les femmes ! Alors Sylvain
Courage, le bien nommé, ajoute un petit article intitulé « intellos au
féminin ». « Elles on aussi pris le pouvoir » ose affirmer l’article.
Une phrase d’attaque qui relève plus de la méthode Coué que de la
prophétie auto réalisatrice. Car tel que le pouvoir intellectuel est
présenté ici, il rappelle en creux que les hommes pensent l’universel
tandis que les femmes ne sont autorisées qu’à penser la singularité de
leur condition. La plupart de celles qui sont supposées avoir pris le
pouvoir intellectuel se sont distinguées d’abord par leurs écrits sur la
condition des femmes : Elisabeth Badinter, Sylviane Agacinski,
Caroline Fourest, Fiammetta Venner, Elisabeth Roudinesco, Blandine
Kriegel.. Et elles n’ont pu passer à d’autres sujets qu'après avoir mis
le pied dans la porte du pouvoir intellectuel grâce au sujet genre…
Elles sont simplement citées pour leurs autres travaux dans un article
très court. Toute la réflexion sur la société du care qui fait débat en
ce moment, et qui est porté par des femmes est simplement ignorée…
Puis le masculin reprend ses aises : « A
quoi servent les intellectuels ? » est le sujet suivant du dossier
illustré à travers le parcours de trois hommes. Dernier article : Badiou
et Finkielkraut s'expliquent. Justement Finkielkraut, nous en
parlions dans la revue de web ici…
Sujet repris de la revue de presse en ligne des NOUVELLESnews.fr