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Messieurs, la barbe !

Elles ont choisi l’humour et pas la guerre. Les membres du groupe d’action féministe « La Barbe » créé en mars 2008 ont décidé,  garnies de barbes postiches, d’investir tous le hémicycles, toutes les antichambres, tous les lieux de pouvoir des hommes pour rendre « visibles et ridicules » les situations d’inégalité entre hommes et femmes. A leur actif notamment en quelques semaines : l’escalade de la statue de la République  pour affubler une des 3 femmes (liberté, Egalité , fraternité)  d’une belle barbe ; l’invasion des  Assemblées Générale de Carrefour (une seule femme au CA de 18 membres : Anne Claire Taittinger) et du CNCC (gérants de l’immobilier et de la distribution, 29 hommes pour une femme, Mireille Bracq) pour les féliciter et les encourager à continuer à respecter « l’ordre naturel ». En février elles s’étaient fait dédicacer par Eric Zemmour  « leur première victime expiatoire » son ouvrage «Le premier sexe »dont elles disent s’être inspirées.

Annie Batlle

La réussite des femmes célébrée par le Prix trajectoires HEC au féminin.

Le 13 mai Prochain, le Prix Trajectoires HEC au Féminin mettra en lumière des parcours exemplaires « reflet de valeurs d'audace, d'ouverture, de courage, de générosité " comme le souligne Mercedes Erra , Co-présidente du jury du Prix Trajectoires et Présidente Exécutive d'Euro RSCG Worldwide. Ces femmes qui réussissent dans la vie économique sont aujourd’hui absentes du paysage médiatique et ne peuvent donc pas jouer le rôle de « femmes modèles » indispensables aux ambitions des jeunes filles. Pourtant, dans « la vraie vie » il en existe beaucoup. Ce prix le prouve. Sa vocation est de les rendre visible. « La Commission HEC au Féminin souhaite faire tomber les préjugés et prouver que la mixité est un véritable facteur d’efficacité économique », explique Fabienne Schwalbe Présidente de la Commission HEC au Féminin. Encore faudra-t-il que les gazettes en parlent... Plus d’informations dans ce communiqué. IG

Con la bandera rosa

Drapeau_espagne Cette fois, ça y est, c'est fait : aujourd'hui 12 avril 2008, le tabou principal est enfin tombé et c'est l'Espagne, qui fut pourtant un grand pays machiste, qui aura finalement non seulement montré le chemin avec constance mais été jusqu'au bout de la route sur la parité en politique. José Luis Rodriguez Zapatero a composé un gouvernement, qui, hormis lui,  compte une majorité de femmes (9, cf infra, contre  8 hommes). Bravo. On voit qu'ici, à Madrid, on n'est pas à Clochemerle... NTC.

Première vice-présidente du gouvernement, ministre de la présidence et porte-parole de l'exécutif : Maria Teresa Fernandez de la Vega.
Défense : Carme Chacon, 37 ans, enceinte.
Transports et infrastructures : Magdalena Alvarez.
Education, politique sociale et sport : Mercedes Cabrera Calvo-Sotelo.
Environnement, milieu rural et de la mer : Elena Espinosa.
Administrations publiques : Elena Salgado.
Egalité : Bibiana Aido plus jeune ministre jamais nommée en Espagne (31 ans).
Sciences et innovation : Cristina Garmendia.
Logement : Beatriz Corredor.
 

Le « label égalité » encourage les démarches volontaristes.

Dans les entreprises adhérentes au « club égalité », toutes titulaires du label égalité, la part des femmes cadres promues a augmenté de deux points entre 2003 et 2006, la part des femmes dans les instances dirigeantes a augmenté de six points et la proportion d’employés femmes ayant accès à la formation a augmenté de neuf points.  La méthode ? L’application rigoureuse de bonnes pratiques élaborées par les entreprises adhérentes. Pour en témoigner et susciter d’autres vocations, le club vient de réaliser un film de 16 minutes montrant que la parité dans l’entreprise est à portée de main… A condition que les directions des sociétés veuillent bien impulser quelques changements. Ce travail a été réalisé grâce à Arborus, l’Association nationale des DRH, l’Afnor, le Secrétariat d’Etat à la solidarité et les entreprises membres du club parmi lesquelles : PSA Peugeot Citroen, Dexia Sofaxix, Axa, services funéraires, Betc Euro Rscg, Cetelem, Deloitte.
En savoir plus : www.arborus.org

Du rose dans le bicorne

Bicorne_2 Marion Guillou (X73) vient d'être nommée à la tête de l'Ecole Polytechnique. Après l'admission des femmes en 1972, il s'agit d'une autre étape importante pour cet établissement, où comme dans toutes les grandes écoles scientifiques, les jeunes fille sont très largement minoritaires (cf notamment nos précédents posts). Personnalité bien connue du monde agricole, elle a été Directrice générale de l'alimentation puis Directrice générale de l'INRA. Nul doute qu'elle ne soit un "role-model" utile pour les lycéennes et étudiantes d'aujourd'hui. NTC

Changer l’image des femmes

« Mais qu’est qu’on a mis dans la tête des filles pour qu’elles s’interdisent d’aller vers certains métiers ? » C’est à cette question posée par Mercedes Erra la présidente de la première agence de publicité française, et bien d’autres que devra répondre la nouvelle "commission de réflexion sur l'image des femmes dans les médias" installée par Valérie Létard, secrétaire d’Etat à la solidarité.

 Présidée par la réalisatrice Michèle Reiser

membre du CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel), cette commission compte des personnalités aussi diverses que Brigitte Gresy, inspectrice générale des affaires sociales, Malek Boutih, secrétaire national du PS et ancien président de SOS-Racisme, l'ancien mannequin Inès de la Fressange ou la comédienne Elsa Zylberstein, le psychiatre Marcel Rufo ou Mercedes Erra. Pour l’instant, les médias, dirigés et « pensés » par des hommes de pouvoir renvoient aux femmes l’image qui convient à ces hommes. IG

Equilibre vie professionnelle vie familiale : les vocations masculines contrariées par l’entreprise.

A 30 ans et avec un seul enfant, ils aspirent à une égalité parfaite avec leur conjointe et rêvent d’équilibrer vie professionnelle et vie familiale. Vers quarante ans, lorsqu’ils ont plusieurs enfants, ils se rapprochent –malgré eux peut-être- du modèle du père pourvoyeur de revenus. L’étude "les pères managers en quête d'équilibre" réalisée par « Equlibres » dans le cadre du projet « qualitemps » a sondé 400 pères de familles âgés de 30 à 40 ans, cadres dans cinq grandes entreprises en France. Son premier mérite est de conjuguer « concilier vie familiale et vie professionnelle» au masculin. Le second est de libérer la parole des hommes. Seulement 15 % d’entre eux correspondent au modèle du « pourvoyeur de revenus », 52 % sont qualifiés d’ « équilibristes » et 33 % d’ « égalitaires ». Les premiers construisent leur identité d’homme à travers le travail et laissent les responsabilités familiales à leurs conjointes. Les seconds aspirent à une paternité épanouissante et attendent de l’entreprise une évolution. Les égalitaires, plus bravaches, osent des choix et des renoncements professionnels, souvent mal compris. Ces papas se sentent freinés dans leur élan par trois  phénomènes : les préjugés liés au genre persistent, la culture de l’implication totale au travail domine et les temps partiels, congés parentaux et autres respirations professionnelles sont considérés comme tabous. Ce sont les règles non écrites de l’entreprise qui faut remettre en question… Et vite. Parce que les bataillons d’ « égalitaires » devraient grossir dans les années qui viennent.. Entre les femmes qui ne veulent pas tout sacrifier à leur carrière et ces jeunes hommes qui les rejoignent, les entreprises risquent bientôt de ne plus trouver de cadres talentueux pour manager. Il faut inventer de nouveaux modèles et de nouvelles règles de fonctionnement. IG

Légion d’honneur paritaire

Enfin ! La promotion de début d'année de la Légion d'honneur, annoncée jeudi au Journal Officiel, respecte la parité homme-femme, tout comme celle de l'ordre du Mérite, publiée le même jour. La parité est donc possible finalement, il suffit de la demander. Ou plus exactement, il suffit que le président de la République, en personne, l’exige en refusant que la liste soit publiée si elle ne contient pas autant de femmes que d’hommes. La persévérance d’associations de femmes comme « demain la parité » a fini par payer.

"Top Women", l’obligation qui mise sur la rentabilité supérieure des dirigeantes.

Cela se passe en Finlande. Aalandsbanken et Tapiola Bank viennent de lancer conjointement "Top Women" une obligation bancaire investie dans des entreprises "sélectionnées pour leur forte rentabilité et la proportion de femmes y occupant des postes à responsabilité. » L’obligation est constituée par un panier d'actions de 15 multinationales parmi lesquelles figurent les américaines 3M (adhésifs, Scotch et Post-it) et Kellog's (alimentaire), la britannique Centrica (énergie), les banques suédoises SEB et Swedbank, ou encore l'opérateur de télécommunications norvégien Telenor. Les banques se sont inspirées de plusieurs études prouvant que les entreprises dirigées par des femmes sont plus rentables que les autres. L'étude "Women Matter" de McKinsey montre par exemple que les entreprises s'approchant de la parité aux postes de direction enregistrent une rentabilité supérieure de 10% à la moyenne de leur secteur d'activité. IG

Conscience paritaire à Libération.

Enfin ! « Les coulisses de Libé », un article sur le making of du journal nous apprend que « A Libération, nous avons une politique du nom de famille pour les deux sexes. » (Libération du 4 janvier 2008). http://www.liberation.fr/rebonds/making_of/301652.FR.php Contrairement à la plupart des journaux, ce quotidien a décidé de ne pas se permettre avec les femmes une familiarité qu’il ne s’autorise pas avec hommes. Bravo, le sexisme ordinaire dans les médias fait un pas en arrière. Mais la presse dans son ensemble a encore des progrès à faire. Les journaux ont du mal à féminiser les titres et les fonctions : ouvrière, chômeuse, infirmière, ça va. Mais pour « directrice générale » ou « auteure » par exemple, ça coince encore. La dernière enquête de l’Association des femmes journalistes montre que les femmes sont encore sous-représentées (17 % des personnes citées) et stéréotypées (mère, conjointe, séductrice, victime, anonyme) dans le contenu de l’information. IG