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Con la bandera rosa

Drapeau_espagne Cette fois, ça y est, c'est fait : aujourd'hui 12 avril 2008, le tabou principal est enfin tombé et c'est l'Espagne, qui fut pourtant un grand pays machiste, qui aura finalement non seulement montré le chemin avec constance mais été jusqu'au bout de la route sur la parité en politique. José Luis Rodriguez Zapatero a composé un gouvernement, qui, hormis lui,  compte une majorité de femmes (9, cf infra, contre  8 hommes). Bravo. On voit qu'ici, à Madrid, on n'est pas à Clochemerle... NTC.

Première vice-présidente du gouvernement, ministre de la présidence et porte-parole de l'exécutif : Maria Teresa Fernandez de la Vega.
Défense : Carme Chacon, 37 ans, enceinte.
Transports et infrastructures : Magdalena Alvarez.
Education, politique sociale et sport : Mercedes Cabrera Calvo-Sotelo.
Environnement, milieu rural et de la mer : Elena Espinosa.
Administrations publiques : Elena Salgado.
Egalité : Bibiana Aido plus jeune ministre jamais nommée en Espagne (31 ans).
Sciences et innovation : Cristina Garmendia.
Logement : Beatriz Corredor.
 

Un problème d'échantillonage? D'algorithme? De calcul?

Et non, ce n'est pas une erreur. Mme Virginie Madelin, Inspectrice générale de l'INSEE, jusqu'alors chef du service central des enquêtes et études statistiques au Ministère de l'agriculture, devient bien Secrétaire générale de l'INSEE. Agée de 49 ans, elle est diplômée de l'ENSAE et titulaire d'une licence d'économie appliquée. Applaudissons, car c'est une première pour cette institution où les femmes relèvent plutôt de l'anomalie statistique. NTC

Le visage et la voix

Le futur président du Conseil de l'Union Européenne sera, pour reprendre la définition du poste proposée  par VGE à la Convention,  "le visage et la voix de l'Union".  Mais le Traité de Lisbonne ne précise ni comment être candidat à cette fonction, ni comment faire campagne.  Il est seulement mentionné qu'il sera désigné, à la majorité qualifiée, par le Conseil des chefs d'Etat et de gouvernement.

Voilà qui n'augure rien de bon et qui semble indiquer une désignation conforme à la tradition européenne, c'est-à-dire lors de conciliabules secrets, d'où l'old boys network sortira probablement l'un des siens, un Tony Blair par exemple. Pourtant, compte-tenu de l'enjeu, l'Europe aurait tout à gagner à un processus aussi démocratique que possible, et qui n'exclue pas d'emblée les quelques 50% des habitants de l'Union qui, aussi surprenant que cela puisse paraître, ne sont pas des hommes.

C'est pourquoi la Commissaire chargée de la communication de la Commission, Margot Wallström a insisté le 2 avril pour que des femmes soient retenues parmi les candidats potentiels : l'ex-Présidente irlandaise Mary Robinson, la Présidente finlandaise Taja Hallonen ou l'ex-Commissaire italienne Emma Bonino. Louable effort. Mais sans défaitisme outrancier, parions quand même que le prochain président de l'Union n'aura ni le visage naturellement glabre ni un délicat filet d'alto ou de soprano. NTC