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Quand les hommes disent aux femmes ce qu'elles doivent penser.

Mercredi 16 avril, à l'occasion de "la semaine de la presse", une table ronde : "Quoi de neuf sur le marché de la presse féminine ?" Les dirigeants de la presse se pressent pour apporter leur science : cinq hommes et une femme. Et encore, il faut bien la connaître pour savoir que c'est une femme. Elle (il) s'appelle Dominique et est présenté(e)  comme "Directeur" du planning stratégique de TNS /Sofres.Rappelons qu'on féminise toujours ouvrière ou chômeuse. Mais dès qu'on monte trop haut , le féminin est banni. Alors quoi de neuf ? Rien, ce sont toujours les hommes qui disent aux femmes ce qu'elles doivent penser. IG

Berlusconi n'aime pas le rose

Berluscon(n)eries : c'est (re)parti !  Avant même d'avoir commencé à gouverner, ce grand ami des femmes a déjà frappé : lors d'une émission radiophonique, il a critiqué le nouveau gouvernement espagnol (9 femmes sur 17  ministres) comme "trop rose" et annoncé qu'il n'aurait que quatre femmes dans son gouvernement à lui.   

Après la tempête de protestations soulevée en Espagne par ces paroles, il a selon son habitude aggravé son cas en déclarant :
1 - que ses propos avaient été mal rapportés (c'était une émission radiophonique... no comment)
2 - qu'il allait "observer attentivement les nouvelles ministres espagnoles".

Nathalie Kosciusko-Morizet, le pouvoir, les femmes et l’opinion

« Sois belle et tais-toi » : ce message subliminal semble se glisser derrière la réaction des ténors de l’UMP à  l’écart de langage de Nathalie Kosciusko-Morizet. La secrétaire d’Etat à l’écologie, qui défendait l’idée saugrenue de tenir les engagements du Grenelle de l’environnement, a bafoué les règles élémentaires de génuflexion politicienne. Elle s’est permis de dénoncer le « concours de lâcheté » de deux grands responsables politiques. Scandale, excuses publiques, punition. Baissez les yeux Madame la Secrétaire d’Etat. La leçon vaut pour toutes les autres.

La mixité du pouvoir politique est décidément une affaire complexe. Pendant des années, les femmes auxquelles on accordait quelques strapontins dans les gouvernements s’appliquaient à se comporter comme des hommes. Tailleur gris, pas un mot plus haut que l’autre, unies comme un seul homme derrière le chef.  Elles étaient là, juste pour dire qu’il y avait des femmes au gouvernement. Pas pour apporter un nouveau souffle à la politique. Et elles étaient priées de libérer le terrain dès qu’un orage se profilait. On se souvient des « Jupettes ».  Puis est venue la loi sur la parité dont l’insuffisance est prouvée aujourd’hui avec le résultat des municipales : 91,5 % des mairies d’agglomérations de plus de 3500 habitants sont tenues par des hommes. Paradoxe, c’est au gouvernement qu’une presque parité est obtenue, par le fait du prince puisque les femmes de l’actuel gouvernement ont été désignées par le Président de la République et le Premier Ministre. Et elles se sont senties pousser des ailes. Les unes affichant leur féminité et leur passion pour la mode comme Rachida Dati. Les autres s’autorisant une liberté de parole mal venue en politique.

Faut-il, pour détenir le pouvoir, se plier aux règles de « l’éternel masculin » ? Occuper le terrain et l’espace vocal, élaborer des stratégies d’alliances, obéir au chef de bande, être agressif... Il semblerait que oui. C’est comme cela qu’on gagne une élection. Et c’est ainsi qu’on garde son poste de ministre. Traduire en acte les idées que l’on défend, affirmer ses convictions semblent être des défauts bien féminins. Inadaptées aux règles de la politique aujourd’hui. Les hommes qui ne se sont pas pliés à ces règles ont été écartés du pouvoir avant d’arriver au sommet

A priori, ces quelques leçons ne sont pas très encourageantes. Les femmes ont du mal à arriver au pouvoir par les voies électorales car elles n’ont pas les qualités masculines requises : disponibilité totale (il leur arrive de faire des enfants et de les élever) et testostérone agressive. Et quand elles arrivent au pouvoir par d’autres voies, elles doivent rentrer dans le rang : défendre le clan qui les a faites reines et non les convictions qui les ont poussées vers le pouvoir.

Seulement voilà, à l’ère du numérique et de la démocratie d’opinion, il semblerait que les choses ne fonctionnent plus tout à fait comme cela. La démocratie d’opinion, c’est la démocratie via les sondages et les débats sur la Toile, par opposition à la démocratie représentative que la plupart des intellectuels français regrettent. Certes, la démocratie d’opinion peut être dangereuse dès qu’un risque de manipulation se profile mais elle peut aussi donner quelques enseignements. Au lendemain de l’incident, un sondage montrait que plus des trois quarts des Français soutenaient Nathalie Kosciusko-Morizet.

Les femmes du gouvernement ouvrent une brèche féminine dans le pouvoir mâle, les Français semblent les encourager. Ça mérite peut-être réflexion. Et si, tout simplement, ils appréciaient que ces femmes changent les règles non écrites de la politique ? Ce sondage livre peut-être un autre message subliminal aux femmes ministres : ne vous taisez pas, la politique n’en sera que plus belle.

Isabelle Germain

RGPP : cherchez la femme!

La Revue Générale des Politiques Publiques que mène actuellement le gouvernement va conduire, entre autres, à la disparition d'une direction d'administration centrale sur deux. Plus généralement, cette entreprise sans égale jusqu'à présent de réforme l'Etat va conduire à renommer tous les directeurs d'administration centrale, les chefs de service et les sous-directeurs et, bien sûr, l'intégralité des chefs de services sur le terrain. Ce mouvement de nominations historique est une occasion sans précédent de féminiser l'encadrement supérieur et dirigeant de l'Etat. Le vivier existe, il suffit de consulter les statistiques fort bien faites de la Fonction Publique.

Or, au regard des premières nominations déjà prononcées, ce mouvement de "modernisation"  risque fortement de se traduire par une baisse du nombre des femmes occupant des emplois d'encadrement supérieur ou de direction. L'équation bien connue
                                                   moins de postes = moins de femmes
va-t-elle une nouvelle fois se vérifier ?

Bon, restons optimistes, nous vous ferons un bilan avant/après... NTC

Womenomics, le guide des dirigeants progressistes

"Womenomics. La croissance dépend aussi des femmes..." Avivah Wittenberg-Cox et Alison Maitland. Eyrolles.

Couverture_a_wittenberg2 Ce n’est pas la méthode Coué, c’est une réalité : les femmes assurent et assureront une bonne part de la croissance économique. Parce qu’elles décident de la plupart des achats des ménages. Et parce que, réussissant mieux que les hommes dans les études, elles devraient mieux réussir à développer les entreprises. Oui mais… L’entreprise est habitée par une forte culture masculine. Le marketing obéit à l’idée que les dirigeants se font des femmes, les leurs, en général sans emploi et entièrement dévouées à leur foyer. Le management obéit à des valeurs viriles de combat de places, d’agressivité, de dévouement total. Les femmes ne sont toujours pas bienvenues dans cet univers, sauf à se comporter comme des mâles. Et si elles le font, elles sont marginalisées car en perte de féminité. Pile, je perds, face je ne gagne pas. Mais l’entreprise ne gagne pas non plus. Elle se prive d’importants gisements de business en oubliant que les femmes ne peuvent pas se conformer aux règles masculines. Comment par exemple faire partie des viviers de hauts potentiels si ces viviers limitent leurs recrues aux 30 / 35 ans, âge auquel les femmes font des enfants. Il est temps que l’entreprise développe une double culture masculine et féminine, un bilinguisme très bien expliqué dans cet ouvrage.

IG .

Nominations

Laurence Dors entre au comité exécutif de  Dassault Systèmes et sera directrice générale adjointe  en charge du développement global. Elle a acquis une expérience internationale très riche dans des fonctions de direction au sein de plusieurs grandes entreprises et, tout dernièrement, au sein du groupe EADS dont elle a été secrétaire générale, conseillère du président sur les questions d'entreprise et de management. Malgré tout cela, dans les articles qui annoncent sa nomination, la presse l’appelle par son prénom, comme une gamine… Mais ne dit jamais « Bernard » quand elle parle de Bernard Charlès, le DG qui l’a nommée à ce poste.
Véronique Bédague-Hamilius est nommée Secrétaire générale de la Ville et du Département de Paris. 44 ans, diplômée de Sciences-Po, de l’ESSEC et de l’ENA, elle a exercé diverses responsabilités au Ministère de l’Economie et des Finances et au Fonds monétaire international à Washington. Elle a été conseillère technique auprès du Ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie de 2000 à 2002. Elle occupait les fonctions de directrice des finances de la collectivité parisienne depuis 2002.

Con la bandera rosa

Drapeau_espagne Cette fois, ça y est, c'est fait : aujourd'hui 12 avril 2008, le tabou principal est enfin tombé et c'est l'Espagne, qui fut pourtant un grand pays machiste, qui aura finalement non seulement montré le chemin avec constance mais été jusqu'au bout de la route sur la parité en politique. José Luis Rodriguez Zapatero a composé un gouvernement, qui, hormis lui,  compte une majorité de femmes (9, cf infra, contre  8 hommes). Bravo. On voit qu'ici, à Madrid, on n'est pas à Clochemerle... NTC.

Première vice-présidente du gouvernement, ministre de la présidence et porte-parole de l'exécutif : Maria Teresa Fernandez de la Vega.
Défense : Carme Chacon, 37 ans, enceinte.
Transports et infrastructures : Magdalena Alvarez.
Education, politique sociale et sport : Mercedes Cabrera Calvo-Sotelo.
Environnement, milieu rural et de la mer : Elena Espinosa.
Administrations publiques : Elena Salgado.
Egalité : Bibiana Aido plus jeune ministre jamais nommée en Espagne (31 ans).
Sciences et innovation : Cristina Garmendia.
Logement : Beatriz Corredor.
 

Un problème d'échantillonage? D'algorithme? De calcul?

Et non, ce n'est pas une erreur. Mme Virginie Madelin, Inspectrice générale de l'INSEE, jusqu'alors chef du service central des enquêtes et études statistiques au Ministère de l'agriculture, devient bien Secrétaire générale de l'INSEE. Agée de 49 ans, elle est diplômée de l'ENSAE et titulaire d'une licence d'économie appliquée. Applaudissons, car c'est une première pour cette institution où les femmes relèvent plutôt de l'anomalie statistique. NTC

La preuve par neuf de l’impossible parité.

Neuf ans après la modification du 23 juin 1999 de notre Constitution, la France compte moins de 9 % de femmes maires dans les villes de 3500 habitants et plus. L’Observatoire de la parité a fait ses comptes : 91,5% d'hommes maires dans les villes de 3 500 habitants et plus, 86,9% d'hommes conseillers généraux.  Les partis politiques ont appliqué la loi chabadabada, mais, pour les municipales, ils ont investi 83,5% d'hommes tête de liste et pour les cantonales 79,1% (pour autant de suppléantes). « Ainsi, force est de constater que quand la loi n'est pas directement contraignante, les stratégies électorales continuent à primer face au projet démocratique de l'égalité entre les femmes et les hommes » conclut l’Observatoire de la parité. 

IG

Editorial, nom masculin

Lecture en ligne du Figaro ce matin. Rubrique « les éditoriaux ». Regardez sur le site du quotidien, la colonne de présentation en bas à droite. 100 % des éditorialistes sont des messieurs. Chez Challenges, 100 % des bloggeurs sont des hommes. Cette manie qu'ont certains hommes de nous dire ce que nous devons penser…