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Conférence sur l’égalité : et une nouvelle loi… Une !

A l'issue de la conférence sur l'égalité qui se tenait ce 26 novembre, le gouvernement promet une nouvelle loi pour 2008 prévoyant des sanctions financières pour les entreprises qui n'appliqueraient pas la loi sur l'égalité salariale en 2010. Jusqu'à présent, les dirigeants d’entreprise pouvaient dormir sur leurs deux oreilles : le salaire des femmes était de 25 % inférieur à celui des hommes. Une situation interdite par un arsenal législatif qui n’a cessé de se renforcer depuis 1974 et son fameux « à travail égal salaire égal ». Mais nul ne s’est jamais conformé à ces lois et personne n’a été inquiété. Alors pourquoi cette nouvelle loi serait-elle davantage appliquée ?  Au passage, Xavier Bertrand le ministre du travail a rappelé – en guise de message subliminal ?- que les sanctions pénales pourtant dissuasives n'ont jamais été appliquées...  Pourquoi les sanctions financières le seraient-elles davantage ? Ne serions-nous pas en train de noyer le poisson ou plutôt les sirènes qui s'époumonent tandis que leur chant passe bien au-dessus des oreilles des dirigeants ?

En écologie, le mauvais genre est… masculin

«Les pollueurs sont en majorité des hommes» c’est la conclusion d’une étude remise à l'ONU par le gouvernement suédois. Les femmes achètent plus de biens mais les hommes ont des habitudes plus nuisibles, notamment celle de se déplacer en automobile. Ils parcourent de plus grandes distances que les femmes, mangent plus de viande rouge, recourent davantage aux services de livraison des restaurants, utilisent et possèdent de grands bateaux polluants, etc. En outre, les véhicules des hommes seraient plus énergivores, les femmes auraient de meilleures habitudes de conduite et seraient adeptes des transports en commun. Les hommes seraient  plus nombreux à utiliser l'avion pour leurs déplacements professionnels. En revanche, les femmes consomment davantage de biens, que ce soit pour l'hygiène, la santé ou les vêtements. Mais cette habitude n'a pas l'impact environnemental du transport. www.genderandenvironment.org

Humour ou discrimination sexiste ?

D’après une enquête réalisée dans le cadre d'un projet européen Deledios, blagues et moqueries sont les formes de discrimination les plus courantes dans l'entreprise, notamment envers les femmes. 23% des personnes interrogées pendant l'enquête disent avoir eu connaissance d'un comportement discriminatoire à l'encontre des femmes dans leur entreprise, cette proportion s'élevant à 26% chez les femmes et même 38% chez les femmes cadres. Blagues et moqueries sont les discriminations les plus observées, avec le harcèlement pour les femmes cadres.15% des salariés reconnaissent qu'ils ont déjà tenu des propos sexistes ou racistes, et 6% des propos homophobes, mais la proportion s'élève à 24% chez les hommes cadres concernant les propos sexistes. Les personnes victimes de blagues, harcèlement, violences verbales ou physiques, en subissent des conséquences sur leur moral (pour 45% d'entre eux), leur motivation au travail (37%), leur confiance en eux (27%) ou leur santé (18%). Avoir le « mauvais genre se paie cher dans l’entreprise. 71% des personnes interrogées estiment que le fait d’être une femme a un impact sur le salaire, 59% sur l'évolution professionnelle et la promotion, 43% sur le recrutement.

Les avocates se défendent mal

Les cordonniers seraient, selon le proverbe, les plus mal chaussés. De leur côté, les femmes avocates semblent être les plus mal défendues. D'après les chiffres du Conseil National des barreaux, les différences de rémunération moyenne entre les avocats et les avocates sont de l'ordre de ... 100% ! (exactement 98,5%) :
- Hommes : 92 408 euros par an
- Femmes : 46 534 euros

Et la situation s'aggrave avec l'âge
- Hommes de moins de 10 ans d'ancienneté : 52 420 euros
- Femmes de moins de 10 ans d'ancienneté : 34 605 euros
Soit un écart  de 51,5%

- Hommes de plus de 10 ans d'ancienneté : 116 559 euros
- Femmes de plus de 10 ans d'ancienneté : 59 356 euros
Soit un écart  de 96,4%.
Cela correspond à des différences d'ancienneté, de statut (associé, collaborateur ou salarié), de spécialité (le social et les affaires familiales rapportent moins que les affaires) d'heures travaillées (à voir) etc... Mais toujours en défaveur des femmes.

Salaires, à tous les coups les femmes perdent

Régulièrement, le huit mars en général, les entreprises se désolent de ne pas compter assez de femmes ingénieurs (à peine 16 %). Une récente « enquête 2007 sur l’insertion des jeunes diplômés » faite par la Conférence des grandes Ecoles leur expose une des probables raisons de cette désaffection. A l’embauche, les ingénieurs (hommes et femmes) gagnent 6,5 % de moins que les jeunes recrues issues d’écoles de commerce. Et, pour chacun des métiers, une donnée est constante : la fiche de paie des femmes affiche 6 % de moins que celle des hommes. En guise de bien venue. Juste pour commencer, pour s’habituer à l’idée. Car après plusieurs années d’expérience laborieuse, elles auront le déplaisir de gagner 30 % de moins que les hommes. Quand elles pensent au fossé qui sépare la feuille de paie d’un commercial homme de celle d’une ingénieure, les jeunes femmes n’ont peut-être pas tort de s’orienter comme elles le font.

Jeux de plage sur le thème de la Fonction Publique

Le dossier de presse présentant le Rapport annuel sur l'état de la Fonction Publique, publié le 17 juillet, est à nouveau sans ambiguïté quant à l'existence d'un plafond de verre : "La Fonction Publique est largement féminisée : 59% des agents et 55% des cadres A (...) sont des femmes. (...) Les femmes restent toutefois sous-représentées dans l'encadrement supérieur de l'Etat, avec 13% des emplois de direction seulement.

Jeu de plage #1: 59%, 55%, 13%,  cherchez l'erreur.

Jeu de plage #2 (beaucoup, beaucoup plus dur) : trouvez une différence entre ce texte et celui qui accompagnait le rapport de l'an dernier, celui de l'année précédente, etc. NTC

Le sexe de l'économie

Aucun doute : le vrai pouvoir est du côté de l'économie. Du 6 au 8 juillet derniers se tenaient les rencontre économiques d'Aix-en-Provence. Près d'une centaine d'intervenants devaient faire avancer la réflexion sur le "capitalisme du XXIème siècle". Parmi eux sur les tribunes, à peine trois femmes. Pas davantage du côté des membres du cercle des économistes chargés de lancer les débats et de les synthétiser. Pas mieux non plus du côté des journalistes chargés de les animer. La place est bien gardée.

Humour russe

Le président et humoriste russe Vladimir Poutine a expliqué jeudi, en réponse à une question posée lors de sa conférence de presse annuelle, le phénomène de l'arrivée au pouvoir de femmes un peu partout dans le monde par le fait que "les mecs se débinent, ils ne veulent pas travailler".

Se reprenant, il a tenu ensuite des propos plus politiquement corrects, notamment que la participation des femmes dans la vie politique était "un signe d'une société mûre". "Malheureusement nous en avons peu dans la politique, dans la direction des régions, à la tête de grandes entreprises", a-t-il poursuivi, en ajoutant que l'introduction de quotas de femmes dans les organes du pouvoir "pourrait faire du mal en entraînant une discrimination sexuelle". 

"La participation des femmes au pouvoir rend ce dernier plus équilibré et efficace", a-t-il conclu. On le remercie.

Une chose est certaine,  les hommes ne se débinent pas en Russie : il n'y a pas une seule femme  qui soit ministre, alors qu'elles composent 53% de la population du pays. Au Parlement russe, elles ne comptent à la chambre haute que pour 5% des députés et, à la Douma, que pour 9.5%.  NTC

Pour communiquer à la ménagère de moins de cinquante ans : pas de femme!

D'après le Canard Enchaîné en date du 29 novembre, TF1 rechercherait un nouveau directeur de la communication et aurait requis les services de trois cabinets de chasseurs de têtes. Mais ceux-ci devraient, selon l'hebdomadaire, se plier à la consigne suivante : pas de femme pour ce poste.

Dans ce cas, MM. Le Lay et Mougeotte savent-ils qu'ils se mettent ainsi hors la loi ?
 

EDF-GDF: la parité est un gaz volatil

Il faut reconnaître à EGF/GDF le mérite d'avoir lancé une étude pour connaitre l'écart de traitement entre hommes et femmes. Peu d'entreprises le font. Alors que cette démarche est rendue obligatoire par la loi "égalité salariale". Les résultats ne sont pas flatteurs . Voici quelques chiffres issus d’un premier rapport interne cité par l’AFP. Nombre de femmes parmi les huit meilleurs salaires des deux entreprises publiques : zéro. Différence de salaire entre hommes cadres et femmes cadres : 10% en faveur des premiers. Pourtant, ce sont les secondes les plus diplômées. Taux de recrutements féminins ? en baisse de 8 %. Départs en invalidité : 42,4 % de femmes alors qu’elles ne représentent que 23% des effectifs. Proportion de femmes en CDI : 59% en 2004,  58% en 2005.

Ces chiffres sont relevés deux ans après la signature de l' accord triennal sur l'égalité professionnelle. Lequel devait "corriger durablement les inégalités constatées". Il « prônait notamment un rattrapage entre les rémunérations principales des hommes et des femmes, avec une majoration du taux annuel d'avancement individuel des femmes pour parvenir à une "égalité salariale". » C’est beau comme une promesse électorale !

Cet accord triennal aura eu au moins le mérite d’installer des outils de mesure, de montrer leur pertinence et la vanité des déclarations d’intention. On n'ose pas imaginer les résultats qui pourraient être obtenus pas les entreprises qui persistent dans la politique de l'autruche