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Con la bandera rosa

Drapeau_espagne Cette fois, ça y est, c'est fait : aujourd'hui 12 avril 2008, le tabou principal est enfin tombé et c'est l'Espagne, qui fut pourtant un grand pays machiste, qui aura finalement non seulement montré le chemin avec constance mais été jusqu'au bout de la route sur la parité en politique. José Luis Rodriguez Zapatero a composé un gouvernement, qui, hormis lui,  compte une majorité de femmes (9, cf infra, contre  8 hommes). Bravo. On voit qu'ici, à Madrid, on n'est pas à Clochemerle... NTC.

Première vice-présidente du gouvernement, ministre de la présidence et porte-parole de l'exécutif : Maria Teresa Fernandez de la Vega.
Défense : Carme Chacon, 37 ans, enceinte.
Transports et infrastructures : Magdalena Alvarez.
Education, politique sociale et sport : Mercedes Cabrera Calvo-Sotelo.
Environnement, milieu rural et de la mer : Elena Espinosa.
Administrations publiques : Elena Salgado.
Egalité : Bibiana Aido plus jeune ministre jamais nommée en Espagne (31 ans).
Sciences et innovation : Cristina Garmendia.
Logement : Beatriz Corredor.
 

Le 8 Mars, ou le bonheur des statisticiens

Le 8 mars a au moins une vertu, celle de documenter la cause des femmes, chacun y allant de son étude, souvent fort intéressante. On peut ainsi citer celle du Centre d'analyse stratégique (l'ex-Commissariat au Plan), Réduire la segmentation hommes/femmes du marché du travail en Europe : quels leviers d'action? ou encore le rapport de la Commission européenne Où en est l'égalité professionnelle hommes-femmes dans l'Union européenne aujourd'hui?. Le Conseil Economique et social a choisi  pour sa part de se pencher sur la question des femmes face au travail à temps partiel. Et nous pourrions citer bien d'autres études, sorties ou à sortir cette semaine, qui montrent avec une touchante unanimité  que les femmes sont moins payées, même à fonction égale, et  qu'elles sont encore loin, mais alors très loin, de s'être emparées des lieux de pouvoir. Tout cela est bel et bon, mais fait-ce avancer la cause des femmes? N'est-ce pas plutôt pour certains acteurs acheter la paix sociale et sociétale à bon compte que de financer études et rapports? Ne vaudrait-il pas mieux que le sujet soit présent toute l'année, et non pas seulement le 8 mars? Voilà un beau thème à méditer pendant les 52 semaines qui nous séparent du prochain déferlement de rapports et d'études chiffrées, en se rappelant l'adage anglais "There are lies, damned lies and statistics". Allez, à l'année prochaine, et bien le bonjour chez vous. NTC

L'Insee, elle sait

Les titres et intertitres de l'étude parité de l’Insee, parue récemment, résument de façon frappante la situation des femmes actives en France. A défaut de changer, la situation est maintenant bien documentée…

Moins de retard scolaire pour les filles : bon, jusqu'ici, tout va bien. Des choix de filières différenciées : ah, elles ne font pas nécessairement les choix les plus judicieux. Majoritaires dans les universités, les femmes restent minoritaires dans les écoles d’ingénieurs : cela se confirme ! Une activité des femmes qui se développe, contrairement aux hommes : ou des conséquences du développement du tertiaire. On ne va pas s'en plaindre, certes, mais... 30% des femmes salariées travaillent à temps partiel : mais seulement 6% des hommes. Flexibilité, quand tu ne dis pas ton nom…  Des secteurs d’emplois très sexués : une véritable ségrégation des femmes dans les emplois de services mal rémunérés. Dans la fonction publique, les femmes sont encore sous-représentées au niveau des postes d’encadrement : l’Etat n’est toujours pas en mesure de donner l’exemple et d'appliquer à lui-même ce qu’il prône pour les entreprises.  Dans l’entreprise également : peu de place aux postes d’encadrement et de direction : rien de nouveau sous le soleil. Moins d’un tiers des non-salariés sont des femmes : et en particulier parmi les créateurs d’entreprises. Les femmes sont plus touchées par le chômage que les hommes : oh, surprise ! Le revenu salarial moyen des femmes est inférieur de 26% à celui des hommes : sans commentaire. Dans le privé, comme dans le public, les salaires des hommes sont supérieurs à ceux des femmes : l’Etat n’est donc pas fichu de faire respecter les règles qu’il édicte, et même pas de les respecter lui-même.

Fort gentiment, l'Insee nous a gardé le meilleur pour la fin. Et après leur vie professionnelle, les femmes bénéficient plus longtemps de retraites plus faibles que les hommes : l'aboutissement logique d’un long parcours marqué par l’inégalité. NTC

Les Femmes et la construction de l'avenir

Bonne nouvelle, les spécialistes du futur s’intéressent aux femmes pour construire notre avenir à tous. Dans sa revue mensuelle, le groupe Futuribles international (qui fait, pour les entreprises et les organismes publics, de la veille prospective et des études sur les grands enjeux du monde contemporain et leur évolution)vient de publier * un dossier intitulé « les femmes moteurs du changement ». Il est dû à Annie Batlle qui a publié en 2006 le « Bal des dirigeantes » ** où elle analysait en particulier l’impact de la mixité sur les profits des entreprises.. Elle avait par ailleurs publié un ouvrage sur les recherches sur le futur (« Les travailleurs du futur » et collaboré à des études de prospective sociétale et technologique .Elle traite ici, à partir de nouveaux travaux et de nombreux interviews, du rôle des femmes dans le développement économique, politique et social.  Qu’il s’agisse des Pays en développement ou des pays développés, il se confirme que le niveau du PIB est lié à leur émancipation et que les résultats financiers des entreprises sont corrélés à leur présence significative dans les organes de décision.  Une bonne raison de promouvoir les femmes aux niveaux décisionnels où se dessine notre avenir.  C’est sans doute parce qu’en politique, les résultats sont moins quantifiables qu’ elles ont plus de mal à y prouver leurs compétences. Seul joue là « le politiquement correct », et pas le retour sur investissement. L’un étant un moteur visiblement moins puissant que l’autre.

*Revue Futuribles octobre 2007. revue@futuribles.com

** Eyrolles éditions

*** « Les travailleurs du futur » Laffont éditions

A lire : Sexe, salaire et bons sentiments

L’égalité de salaire entre hommes et femmes, nous en rêvons toutes. Et la volonté du Président de la république d’y parvenir dans les deux ans qui viennent ne peut que nous réjouir. Françoise Milewski et Hélène Périvier, chercheures à l’OFCE (l’Observatoire français des conjonctures économiques) ont beau partager ce rêve, elles démontrent que la marche semble être trop haute : les écarts de salaire stagnent à 15 % depuis dix ans. Et le rêve d’égalité ne résiste pas à l’analyse des causes profondes des discriminations. ( http://www.ofce.sciences-po.fr/clair&net/clair&net-32.htm)

La première : la discrimination « pure ». Une femme est toujours présumée coupable de s’investir plus dans sa vie familiale que professionnelle. Cette discrimination représente 5 à 7 points d’écart de salaire. « Venir à bout de cette forme de discrimination implique non seulement que le partage des tâches au sein de la famille soit équitable entre les deux parents, mais également que dans la sphère professionnelle, l’image que l’on a d’une femme, mère ou potentiellement mère, change. »

La deuxième : les emplois occupés par les femmes. Pour elles, c’est plutôt le social, l’éducation, la santé, les services… où les rémunérations sont faibles et souvent plus faibles que celles des hommes. Cette source de discrimination représente un tiers des écarts de salaire. Pour y remédier il faudrait mobiliser les éducateurs, les enfants et leurs familles..

La troisième : le temps de travail, Le temps partiel, choisi ou subi, est l’apanage des femmes. De plus, même à temps plein, les hommes restent plus longtemps au bureau que les femmes et cela se ressent sur les carrières et les salaires. Pour en finir avec cela Il faudrait résoudre le problème de la pénurie des modes de gardes des enfants, mieux encadrer le temps partiel et dissocier les progressions de carrière du « présentéisme ».

Tout ça en deux ans ?

Les filles les plus éduquées et les mieux soignées de la planète, c'est qui? C'est vous? Alors, corvée de patates. Et rien d'autre.

Le World Economic Forum, organisateur du sommet de Davos,  vient de publier son rapport annuel sur les inégalités hommes/femmes, le Global Gender Gap Report 2007 (ici) . La France y est classée au 51éme rang sur 128 pays, entre l'Ouganda et la Thaïlande (*).

Le rapport mesure l’ampleur de l’inégalité entre les sexes dans quatre domaines fondamentaux :

1) la participation économique et les opportunités : salaires,  niveaux de participation et accès aux emplois hautement qualifiés. La France est 61ème dans ce classement.

2) le niveau d’éducation : accès à l’enseignement de base et supérieur. La France est à la première place !

3) l’influence politique :  représentation au sein des structures décisionnaires. La France est 67ème seulement.

4) la santé et la survie : espérance de vie et ratio hommes-femmes. Là encore, la France est à la première place.

Bref, si les Françaises sont très bien éduquées et soignées, elles pâtissent de fortes inégalités dans le domaine économique et plus encore face à la décision politique. En d'autres termes, si l'investissement du pays dans son capital humain féminin est remarquable, la société française n'en profite pas ensuite. NTC

(*) certes en amélioration par rapport à l'année dernière, mais à cause d'une rupture de méthodologie statistique - ce sont les évolutions de ce classement dans l'avenir qu'il faudra suivre

330.000 £, ça fait combien en chaussures?

Shoes_2 "This is not just about an extra pair of shoes for a night out!" C'est par cet understatement bien britannique ("C'est un peu plus qu'une paire de chaussures de soirée") que la vice présidente de la Commission pour l'égalité et les droits de l'homme a réagi à la publication de statistiques officielles indiquant qu'en moyenne, au Royaume-Uni, une femme cadre travaillant à temps complet touchera 330.000 £ (environ 475.000 euros) de moins qu'un homme au cours de sa vie professionnelle.  L'écart de rémunération hommes-femmes, lors de la transcription dans la législation locale du droit européen sur l'égalité (cf précédent post), il y a un peu plus de trente ans était de ... 37%. Il est tombé, assez rapidement, à 17% en moyenne pour les employés, et à 27% pour les cadres supérieurs et, depuis, il stagne. Dans un pays qui a horreur des législations sociales contraignantes, on en vient tout doucement à considérer la prise de mesures explicites comme nécessaire. Enfin, bref, c'est pas demain la veille que les cadres anglaises pourront jouer les Imelda Marcos... NTC

50 ans d'égalité proclamée, 13 directives et ... toujours 15% d'écart de rémunération !

La législation communautaire sur l'égalité des sexes a 50 ans bien sonnés car, dès 1957, le traité de Rome avait  introduit le principe d'égalité de rémunération entre les hommes et les femmes. En s'appuyant sur cette base juridique, les institutions européennes ont adopté pas moins de 13 directives sur l'égalité, mais l'écart de rémunération hommes/femmes est encore de 15% en moyenne. Or 59% des diplômés de l'enseignement supérieur en Europe aujourd'hui sont des femmes.

Parmi les pays de l'Union, le premier de la classe est Malte, avec moins de 3% d'écart et la lanterne rouge, Chypre, avec 25% : comme quoi être une île en Méditerranée ne conduit pas nécessairement au même résultat !  NTC

(Source : Eurostat)

L’honnêteté : une vertu féminine ?

Selon une étude réalisée par PricewaterhouseCoopers (PwC), rendue publique mardi 16 octobre, sur les 5 400 entreprises qui ont été interrogées par le cabinet dans le monde en 2007, 43 % déclarent avoir été victimes au cours des deux dernières années de "criminalité économique", c'est-à-dire d'un acte volontaire commis pour détourner la loi ou le règlement interne de la société. Cette fraude est soit interne, soit externe.

Mais, fait intéressant, selon PwC le portrait-robot du fraudeur interne est celui d'un homme - et pas rien qu'un peu : dans 93 % des cas! - de 40 ans en moyenne, exerçant des fonctions à haute responsabilité et adepte du détournement de fonds.

Les femmes sont-elles pour autant plus vertueuses ? Selon une enquête menée par le CSA pour le cabinet Ricol, Lasteyrie et Associés publiée à l'occasion du Forum mondial des femmes pour l'économie et la société à Deauville le 11 octobre, les Français semblent tout au moins le croire. A 73 %, ils estiment que la montée en puissance des femmes dans les instances dirigeantes devrait réduire la corruption. Si les hommes occupent encore une majorité écrasante des postes dans les fonctions de haute responsabilité, où se recrutent les fraudeurs internes, l'importance du taux de 93 % trouvé par PwC tend certes à démontrer que les femmes n'ont pas trop de mal à paraître plus intègres. NTC

Ouiminomix II, le Retour

Pinkonomist_smallLe 19 avril, l'hedomadaire britannique (mais à lectorat américain) The Economist a publié une suite, certes plus modeste,  à son excellent dossier dossier d'il y a un an, "A Guide to Womenomics", que nous vous avions traduit  (Economie : subst. f.). La voici, ainsi que la traduction qu'en a donné Courrier International : Téléchargement : Womenomics_revisited_- Apr_19th_2007.pdf  NTC